Orpheline à deux ans, recueillie sur l’île de Java après un séisme dévastateur, Astutie grandit sous la protection d’un homme respecté, le père Édouard.
Discrète. Brillante. Insaisissable.
À l’âge adulte, elle évolue dans les cercles feutrés où se croisent diplomates, financiers et agents clandestins. Elle observe. Elle apprend. Elle calcule.
Mais un jour, quelque chose dérape. Un message intercepté. Une tentative d’extraction. Une traque silencieuse.
Et soudain, Astutie comprend qu’elle n’est plus seulement un pion sur l’échiquier. Elle est devenue l’élément que personne n’avait anticipé.
La variable.
Dans un monde où le pouvoir agit au-dessus des États, où les alliances se nouent et se brisent dans l’ombre, une seule erreur peut coûter la vie. Et certaines disparitions ne laissent aucune trace.
Année de sortie : 2026.
Broché, couverture souple, 376 pages
Prix de vente : 17 euros.
La première secousse fut si légère qu’elle aurait pu passer pour une illusion. Un frisson sous les pieds. Un tremblement presque timide. Les verres suspendus vibrèrent faiblement. Une fine poussière se détacha d’une poutre et descendit en filaments pâles dans la lumière du matin.
Sa mère s’interrompit. Son père releva la tête.
Ils échangèrent un regard bref — pas encore inquiet, mais attentif.
Puis le grondement monta.
Ce n’était plus un frisson. C’était un son profond, continu, qui semblait naître sous la maison et gonfler dans l’air. Une vibration sourde qui pénétrait la poitrine, qui faisait trembler les dents, qui modifiait la respiration.
La terre ne frémissait plus. Elle parlait.
La deuxième secousse fut brutale.
Les murs oscillèrent. Les poutres craquèrent. Une fissure apparut près de la fenêtre, fine d’abord, presque élégante dans sa diagonale. Elle s’étira lentement, comme une veine qui se dessine sous la peau.
Puis elle s’ouvrit davantage.
Les assiettes tombèrent et éclatèrent en une pluie blanche. Le foyer se renversa. Les cris éclatèrent dans la rue. Le sol vibrait désormais comme une peau tendue prête à se rompre.
Astutie tomba sur le côté.
Elle ne comprenait pas.
Elle voyait les visages se transformer. Les traits familiers se déformaient sous la peur. Les yeux s’agrandissaient. Les bouches criaient. Elle entendait ces cris sans pouvoir leur donner un sens. Elle sentait la poussière envahir sa gorge, ses narines, ses yeux.
La fissure atteignit le sol.
La maison céda.
Le plafond s’effondra dans un fracas de bois et de plâtre. Le jour disparut derrière un nuage épais. Dehors, d’autres maisons s’écrasaient. Les lignes électriques claquaient. Les chiens hurlaient. Les voix se mêlaient dans une confusion totale...